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ARCHIVES & MUSEE DE LA LITTERATURE

Centre de recherche et de documentation littéraires et théâtrales de la Communauté française de Belgique

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Bauchau, désormais dans l’Histoire

Un des grands...

Avec la disparition d’Henry Bauchau (1913-2012), dans la grande nuit de l’équinoxe d’automne, c’est une part essentielle du XXème siècle, belge et francophone, qui s’achève et s’ouvre à la fois.

Car cette oeuvre, à l’émergence tardive dans le grand public, ne cessa de chercher à apprivoiser l’existence de celui qui l’écrivait, comme le siècle dans lequel elle se déroulait. Elle le fit, par le biais de la réhabitation des mythes ou la mise en place d’un dispositif narratif des plus complexes.

Du premier versant – plus classique – de cette création témoigne l’oeuvre majeure du cycle thébain, OEdipe sur la route (1990) ainsi que son pendant, Antigone (1997). Ce roman incarne le mythe le plus personnel de l’écrivain, là où OEdipe constitue sa figure sociétale. Du second versant, Le Régiment noir (1972) donna la partition la plus parfaite, la plus subtile, la plus mythique et la plus engagée. Tandis que Le Boulevard périphérique (2008) offrait l’incarnation du plus intime des contradictions du créateur. Contradictions articulées aussi bien à l’Histoire qu’au Sujet, mais admirablement fictionnalisées dans ce roman.

Toutefois, la source comme le point d’arrimage de cette vie, perpétuellement en quête d’elle-même et de son point d’équilibre, reste la poésie. C’est par elle que Bauchau ouvre son erre, avec son Cantique de l’attente, daté de 1932, qui dit tout, pour qui veut bien y lire. C’est en elle encore qu’il donne son dernier chef-d’oeuvre, Tentatives de louange (2012). Comment oublier cet opuscule qui résume une vie, et dans lequel figurent certains des plus beaux textes jamais écrits sur le très grand âge. Près de trente ans de recherche, déjà.

Dès 1990, en synergie avec le Centre de littérature belge de Bologne, les Archives et Musée de la Littérature ont mis sur pied le premier grand colloque d’étude de cette oeuvre. Puis en 2001, à Cerisy-la-Salle – avec le Centre belge d’Aix-la-Chapelle, cette fois – une décade Bauchau particulièrement riche. Enfin, en 2003, avec la revue suisse Écritures (n° 61), la première plongée sérieuse dans les décennies suisses de la vie de l’écrivain.

Les AML ont suscité et d’autre part publié plusieurs travaux savants. Citons la thèse d’Emilia Surmonte, Antigone, la Sphinx d’Henry Bauchau (2011) et celle d’Emilienne Akonga Edumbe, De la déchirure à la réhabilitation, l’itinéraire d'Henry Bauchau (2012). Arrivé la veille du décès de l’auteur de Gengis Khan, ce livre inscrit clairement Bauchau dans une discussion francophone qui fut rarement celle de ses pairs.

Avec cette première thèse africaine, au titre révélateur d’une oeuvre et d’un parcours, s’augure le véritable Universel d’une création à laquelle ne sied aucune hagiographie, et dont maints pans demeurent à explorer.



Un Fonds majeur pour la génétique de l’oeuvre...

Bénéficiaire, depuis le début des années 1990, de dons essentiels de manuscrits de l’écrivain, qu’ils ont complétés par des achats, les AML venaient de clore une exposition "Le Fonds Henry Bauchau aux Archives & Musée de la Littérature" qui mettait en valeur de nombreuses traces de la genèse de chacun des grands livres d’Henry Bauchau.

Ce Fonds venait encore de s’enrichir, en 2012, de nombreux compléments (tapuscrits ou manuscrits), ainsi que du pastel, Naissance (1973), qui se trouvait dans la chambre-bureau de l’auteur à Louveciennes.

Cette manne, la plus importante qui soit pour la recherche génétique et historique, se complète d’autres traces réalisées depuis deux décennies par les AML. Entretiens (précédant même la parution d’OEdipe sur la route), captations-vidéo de spectacles adaptés de l’oeuvre « bauchalienne », reportages-photos, etc.

Sauf les dernières acquisitions, l’ensemble est accessible dans notre catalogue en ligne et rassemblée dans une chronique de mai 2010 qui détaille l’ensemble du fonds.


Marc Quaghebeur et l’ensemble du personnel des AML s’inclinent devant la mémoire de cet écrivain.


A lire :
Hommage de Marc Quaghebeur à Henry Bauchau – Paris, Cimetière du Père Lachaise, 28 septembre 2012



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