logo aml

ARCHIVES & MUSEE DE LA LITTERATURE

Centre de recherche et de documentation littéraires et théâtrales de la Communauté française de Belgique

Rechercher dans PLUME (nos collections)
Rechercher dans ASP@sia (annuaire du spectacle)

Guy Vaes à Anvers en 2005, photo Alice Piemme AML

Hommage à Guy Vaes (1927-2012)

Avec Guy Vaes, qui s’en est allé doucement et discrètement dans la nuit du 25 au 26 février, c’est un des grands écrivains francophones des Flandres de l’après-guerre qui vient d’entrer dans la mémoire des textes et des hommes.

Un des maîtres les plus subtils, également, de ce réalisme magique dont l’après-guerre fit provende, et qu’illustrent les noms de Paul Willems, André Delvaux, Johan Daisne ou Hubert Lampo, lequel postfaça le singulier roman de Guy Vaes, L’Usurpateur (1994).

Grand voyageur, qui laisse de Londres comme de Singapour des descriptions d’immersion ou de surplomb qui n’ont rien à voir avec les catalogues des tour-opérateurs, Vaes fut aussi un photographe attentif et original dont les Archives & Musée de la Littérature exposèrent, en 2008, dans L’oeuvre en chantier, quelques superbes spécimens – dont La Jacobée noire (1996).

Les Cimetières de Londres (1978) avaient déjà recueilli et exposé quelques-uns de ces clichés qu’il conviendrait de mettre un jour en rapport avec sa hantise du temps tel que Vaes en parle dans La Flèche de Zénon (1966).

Vaes est un marcheur. Un pérégrinant qui ne rencontre pas le monde en le zappant. L’arrivée, dans le domaine dont il est l’héritier, du héros d’Octobre, long dimanche (1956) le rappelle à merveille.

Dans L’envers (1983), initialement intitulé Le messager de Skye, le personnage central revient, lui, de plus loin que la vie. Dans Les Apparences (2001), la vision fugitive d’une femme inconnue grandit au point de faire perdre toute autonomie au narrateur. Dans la seconde nouvelle des Stratèges (2001), un peuple africain plutôt mutique dessine de nuit, sur le sol, de très curieux signes qui ressuscitent une Ville détruite.

Vaes n’a jamais cessé de sonder à travers les lacis d’un phrasé lent et grave, les moments de fond qui font basculer les vies.


Marc Quaghebeur



Les archives de l’écrivain ont été léguées aux AML en 2005 par l’auteur. Elles ont fait l’objet, en 2007, d’une chronique des AML signée Catherine Daems dans le n° 31 de la revue Textyles.

En mars 2005, Alice Piemme a réalisé un reportage photo à l'occasion d'une visite de Marc Quaghebeur chez Guy Vaes à Anvers.


Share


Retour à "Archives Nécrologie"